15. Les dépendances
| Article précédent < > Article suivant
La majorité des gens a des dépendances physiques, à des degrés divers. On peut être dépendant de la cigarette, de l’alcool, du café, de la télévision, de jeux vidéo, du chocolat, du sel, de drogues, …. Ces diverses dépendances nous aident à gérer un stress émotionnel, souvent inconscient car refoulé depuis l’enfance. Et le stress émotionnel vient d’une image de soi qu’on s’est imposé de donner pour être sûr d’avoir l’amour ou l’attention de ses parents, image qui ne correspond pas à la réalité de qui on est véritablement.
Différence entre dépendance et habitude
- Il est important de distinguer dépendance et habitude. L’habitude renvoie à quelque chose qu’on fait régulièrement mais dont on peut se passer sans que ça pose problème, sans manque, sans souffrance. Alors que la dépendance renvoie à quelque chose qu’on fait régulièrement mais dont on ne peut se passer sans manque, sans souffrance.
- Il n’est pas toujours facile de faire la différence entre les deux. Par exemple, si vous mangez beaucoup de chocolat, essayez d’arrêter une semaine et voyez comment vous tenez sans vous contrôler.
- Si vous ne voyez pas trop de dépendances physiques chez vous, ce qui est souvent le cas des personnes qui sont capables d’un grand contrôle d’elles-mêmes, regardez autour de vous comment ça vous dérange quand quelqu’un de proche fume, boit beaucoup d’alcool, etc. Observez à quel degré cela vous dérange. Si vous êtes pas mal dérangé(e), c’est le signe d’une dépendance. La seule différence, c’est que vous vous contrôlez suffisamment pour qu’elle ne s’exprime pas. Bien sûr, le contrôle est largement inconscient dans ces cas-là. Mais voir quelqu’un qui s’autorise ce que nous nous refusons nous dérange.
Les dépendances physiques, reflet des dépendances affectives
Pourquoi s’intéresser aux dépendances physiques? Parce que ce sont les plus repérables, les plus faciles à identifier. Et surtout parce que les dépendances physiques sont un reflet de ce qui se passe au niveau affectif. Elles signalent une mauvaise image de soi, souvent cachée derrière les apparences.
Devenir conscient de nos dépendances physiques est un excellent outil de connaissance de soi. En mesurant le degré de dépendance physique, on a une idée de notre degré de dépendance affective et donc de la qualité de l’image qu’on a de soi.
Le degré de dépendance physique
Comment mesure-t-on le degré d’une dépendance physique? Essentiellement à la plus ou moins grande capacité à se passer du produit ou de la chose sans contrôle, sans problème.
Exemple : vous mangez souvent du chocolat. Pour savoir s’il s’agit d’une dépendance et à quel degré, décidez de ne pas manger de chocolat et voyez combien de temps vous tenez.
Attention : l’objectif n’est pas de vider les placards pour ne pas être tenté(e). Au contraire, l’objectif est de voir combien de temps vous tenez sans manger de chocolat, sans vous faire violence pour ne pas ouvrir une tablette, même et surtout s’il y en a dans la maison. La clé est l’absence de contrôle ; sinon, on fausse le résultat et on se raconte des histoires.
Si vous tenez moins de trois jours, votre dépendance est grande, ainsi que la dépendance affective cachée derrière et vous auriez tout intérêt à devenir conscient(e) du stress émotionnel qui réveille l’envie de chocolat. Si vous tenez entre trois et huit jours, la dépendance est plus ou moins importante selon le nombre de jours. Si vous tenez plus de huit jours, la dépendance est minime, voire nulle.
Quoi faire, face aux dépendances physiques
Une fois conscient de nos dépendances physiques, il ne s’agit pas de vouloir rapidement les faire cesser. Sinon, on peut, par exemple, arriver à cesser de fumer mais il est fort probable que la dépendance à la cigarette sera remplacée par une autre dépendance physique tant qu’on n’aura pas pris soin de l’image de soi.
- La première chose à faire est d’éviter de se juger, d’accepter qu’on a des dépendances physiques pour nous aider à gérer le stress lié à la mauvaise image de soi. Si on on se juge, on abîme encore plus l’image de soi, ce qui est à l’opposé du résultat recherché.
- La véritable solution à long terme passe d’abord par l’identification du stress émotionnel caché par la dépendance physique. Exemple : je mange des sucreries ou je bois quand je me sens seul(e) ; ou encore, quand les gens que j’aime ont des problèmes ; ou lorsqu’on ne reconnaît pas la valeur de mon travail, … .
- L’étape suivante consiste à s’occuper d’améliorer l’image de soi : d’abord en identifiant ce qui peut aider à avoir une meilleure image de soi ; ensuite en commençant à agir dans ce sens, seul(e) ou en demandant de l’aide. Exemple : j’ai très envie d’aller danser mais j’ai beaucoup de mal lorsque je me retrouve dans un endroit où je ne connais personne. Je propose à un ou une amie de venir avec moi les premières fois, en lui expliquant ma difficulté.
L’autonomie affective
C’est le début du chemin vers l’autonomie affective, bien différente de l’indépendance affective dans laquelle on a souvent tendance à se réfugier pour éviter le piège de la dépendance. Alors aimez-vous déjà tel(le) que vous êtes, avec tout ce que vous ne trouvez pas encore au point en vous. Le changement s’installe progressivement avec l’acceptation de soi là où on en est …


