17. Retrouver l’amour de soi
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La perte de l’amour de soi
Dans les articles sur l’enfant intérieur et sur les blessures de l’enfance, nous avons vu comment le petit enfant se crée un ou plusieurs masques : par peur de ne plus être aimé de ses parents, il s’adapte à leurs exigences ou se rebelle. Il perd progressivement le contact avec son essence, c’est-à-dire avec ce qu’il est vraiment.
La vie étant parfaite au-delà des apparences, nous ne cessons d’attirer à nous les personnes et les situations qui vont réactiver les émotions à l’origine de la blessure ; et ce jusqu’à ce que nous nous en occupions.
Devenir conscient de ses blessures et de ses émotions
Retrouver l’amour de soi passe par la conscience de nos blessures et de ce qui nous fait vivre des émotions. Une fois que nous commençons à repérer les situations et émotions répétitives dans notre vie, nous pouvons amorcer un changement. Pour vous aider dans ce changement, je vous propose deux pistes, déjà expérimentées avec succès par de nombreuses personnes :
- accueillir et libérer la peur pour que les émotions ne restent pas bloquées dans le corps,
- reconstruire l’amour de soi.
Les émotions qui nous dérangent sont toujours basées sur la peur. En simplifiant, on peut dire qu’il y a seulement deux sortes d’énergies à l’œuvre sur Terre : l’amour et la peur. Toute énergie est une variante de ces deux énergies.
Pourquoi avons-nous peur ? Parce que nous nous nous croyons menacés. Pourtant, si nous étions conscients de notre nature véritable, de notre esprit, nous saurions que rien ne peut nous menacer. Coupés de notre essence profonde, nous avons laissé notre petit moi, l’ego, prendre les commandes. C’est ce petit moi qui nous amène à croire que nous sommes menacés ; mais seul notre corps peut être menacé et non notre essence. Nous avons même fini par nous sentir menacés alors que notre vie-même n’était pas en danger : c’est ce qu’on appelle les peurs imaginaires ; et nous sommes devenus très forts à ce jeu-là. En réalité, la seule chose dont nous avons peur, c’est l’amour.
Accueillir et libérer la peur
Un exercice préalable
Ce petit exercice va vous habituer à vous servir de votre cœur pour vous libérer des émotions. Il vous aide à comprendre que la peur et l’amour ne sont rien d’autre que des énergies, polarisées différemment. Il vous apprendra à laisser aller vos émotions sans jugement.
- 1.Installez-vous tranquillement et de manière à ne pas être dérangé(e). Fermez les yeux et commencez à respirer calmement et profondément pendant une à deux minutes, en portant votre attention sur la respiration.
- 2.A présent, laissez venir à votre conscience l’événement de votre vie qui vous a procuré le plus de joie, de bonheur, quel qu’il soit. Revivez ce souvenir dans toute son intensité en prenant le temps d’en voir tous les détails, les personnes présentes … .
- 3.Observez maintenant à quel endroit de votre corps vous ressentez ce souvenir. Ce peut être la tête, la poitrine, le dos, … . Enregistrez seulement l’endroit.
- 4.Maintenant, oubliez les détails de la situation à l’origine de ce sentiment. Contentez-vous de l’observer de manière totalement détachée, sans jugement, en restant centré sur la sensation.
- 5.Quand vous êtes bien centré sur la sensation, vous allez vous servir de votre pensée, de votre imagination, pour déplacer cette sensation jusqu’à votre cœur. Laissez l’énergie de cette sensation pénétrer dans votre cœur.
- 6.A présent, vous allez imaginer qu’une porte existe dans votre poitrine, juste devant votre cœur. Voyez ou imaginez la porte s’ouvrir, laissant l’énergie que vous avez amenée dans le cœur se déverser à l’extérieur, comme un faisceau de lumière blanche brillante.
Laissez cette lumière sortir de vous. Vous êtes seulement en train de libérer de l’énergie, sans jugement, sans pensée. Prenez le temps nécessaire jusqu’à ce que cette énergie ait complètement disparu de votre poitrine.
Une pratique pour se libérer de la peur
Cet exercice peut être utilisé à chaque fois que vous vivez une émotion. Il demande simplement d’accueillir l’émotion, au lieu de la nier ou de la minimiser comme nous le faisons souvent. L’idéal est de le pratiquer immédiatement après la survenue de l’émotion. Si les circonstances ne s’y prêtent pas, vous pouvez très bien le faire quand vous êtes rentré(e) chez vous. Dans tous les cas, il est judicieux de le faire avant de se coucher pour ne pas s’endormir sur des émotions difficiles qui perturbent la qualité du sommeil.
- 1.Installez-vous tranquillement et de manière à ne pas être dérangé(e). Fermez les yeux et commencez à respirer calmement et profondément pendant une à deux minutes, en portant votre attention sur la respiration.
- 2.A présent, laissez venir à votre conscience l’événement, la situation, qui a été à l’origine de l’émotion. Pensez à ce qui vous fait le plus peur dans cette situation, ce que vous craignez le plus, là maintenant. Évitez d’utiliser votre intellect pour trouver une explication, pour juger.
- 3.Maintenant, nommez intérieurement cette peur, aussi précisément et brièvement que possible. Dites seulement ce qui vous fait le plus peur dans cette situation.
Prenons un exemple : au travail, suite à une remarque d’un de vos supérieurs, vous vous êtes senti(e) mal. Ne cherchez pas et ne vous appesantissez pas sur la raison qui vous a amené à vous sentir mal. Du genre : « C’est ma collègue qui a fait cette erreur à l’origine et il ne m’a même pas laissé m’expliquer » ou encore « Il voit toujours ce qui ne va pas et pourtant, hier, j’ai fait des heures supplémentaires pour finir ce travail » ou bien « De toutes façons, tout ce que je fais, ça ne va jamais, je suis nul(le) », etc.
Cherchez seulement quelle est votre plus grande peur. Ce peut être la peur de ne pas être reconnu(e), la peur d’être incompétent(e), la peur d’être cantonné(e) dans des missions sans intérêt, la peur de ne pas avoir la promotion que vous espérez, ou encore la peur de vous rendre compte que votre travail ne vous intéresse pas vraiment, la peur de devoir changer de travail, la peur de perdre votre travail, la peur de vous retrouver dépendant financièrement de votre partenaire si vous perdez ce travail, … .
- 4.Quand vous avez nommé ce qui vous fait le plus peur, gardez seulement la pensée de cette peur en oubliant tout le reste. Concentrez-vous sur cette peur et laissez-la prendre toute la place dont elle a besoin, avec tous les détails possibles. Sentez-la dans votre corps et observez où elle est placée : l’estomac, la gorge, le milieu du dos, … ?
- 5.A présent, laissez aller la pensée de peur, oubliez tous les détails du scénario. Vous restez concentré uniquement sur cette sensation dans votre corps, générée par la peur. Imaginez que cette sensation est une boule d’énergie et ressentez cette énergie, sans la qualifier de bonne ou mauvaise.
- 6.En utilisant votre imagination, votre pensée, vous allez déplacer cette sensation jusqu’à votre cœur. Là, vous la laissez prendre de l’ampleur, occuper toute la place nécessaire. Dans votre cœur, l’énergie se transforme, sans que vous ayez quoi que ce soit de particulier à faire..
- 7.A présent, vous imaginez la porte dans votre poitrine, juste devant votre cœur. Voyez ou imaginez la porte s’ouvrir et laissez la sensation liée à la peur s’en aller. Vous la laissez simplement se déverser à l’extérieur, sans jugement, comme un faisceau de lumière blanche brillante. Vous risquez de sentir un grand flux d’énergie.
A partir de là, vous pouvez simplement remercier pour la libération ou vous pouvez poursuivre encore un peu l’exercice pour remplacer la peur par autre chose.
- 8.Choisissez par quoi vous voulez remplacer la peur. Il peut s’agir de la sensation d’être reconnu(e), d’être apprécié(e), ou la sensation d’être épanoui (e) dans votre travail, ou encore la sensation d’être dans un nouveau travail qui vous correspond pleinement, … . Concentrez vos pensées sur cette idée et sur la sensation agréable qu’elle vous procure.
- 9.Observez où cette nouvelle sensation s’installe dans votre corps. Acceptez-la totalement et demandez-lui de guérir les blessures causées par la peur. Laissez la nouvelle sensation faire son travail quelques instants, en sachant que ceci se poursuivra encore le temps nécessaire après la fin de l’exercice.
Vos pensées de peur sont énergie, comme vos pensées de joie, d’amour. En laissant aller tout jugement de valeur, vous les emportez vers votre cœur et vous les purifiez parce que le cœur est le centre physique de l’amour et de la compassion.
Reconstruire l’amour de soi
Les points 8 et 9 de l’exercice précédent sont déjà une façon de reconstruire l’amour de soi. Mais vous pouvez aussi utiliser les approches suivantes. Elles nécessitent un cahier, à acheter pour cette intention et, si possible, qui vous plaise, qui vous donne envie d’y écrire. Personne n’a à lire votre cahier : donc, pas de problème pour l’orthographe, ce n’est pas l’objectif.
Le cahier de Compliments
Lorsque nous manquons d’amour de nous-même, cela génère une mauvaise image de soi. Et nous sommes champions pour pointer tout ce qui contribue à nous dévaloriser à nos propres yeux. Nous en arrivons très souvent à ne plus voir le beau en nous, nos qualités, nos talents.
- 1.Dans un endroit calme, prenez votre cahier et commencez à faire la liste de vos qualités, de vos talents. Écrivez-les en précisant à chaque fois « Je Suis » (les mots « Je Suis » sont porteurs d’une force particulière, ils nous relient à la partie parfaite, divine, en chacun de nous et amplifient tout ce qui leur est ajouté). Exemple : Je Suis dynamique, Je Suis courageux(se), Je Suis persévérant(e), … . Donnez-vous trois minutes pour cette partie.
Pour beaucoup de personnes, le résultat est en dessous de 10 compliments au bout des trois minutes. Ne vous arrêtez pas à ce constat et passez à l’étape suivante dans tous les cas.
- 2.Demandez de l’aide aux personnes qui vous aiment : vous leur expliquez que vous avez de la difficulté à avoir une bonne image de vous et que vous avez besoin qu’elles vous disent les qualités qu’elles vous reconnaissent. Notez-les, même si vous avez un peu de mal à y croire. A partir de là, vous pouvez soit passer soit au point 3, soit directement au point 4 si vous le sentez.
- 3.Le soir avant de vous endormir, ou le matin avant de vous lever, prenez votre cahier et lisez vos compliments à haute voix, en prenant le temps de ressentir chaque qualité en vous. Votre liste de compliments s’étoffera au fur et à mesure que vous changerez votre regard sur vous-même.
- 4.Quand vous êtes prêt(e), vous rajoutez la pratique suivante : devant le miroir de la salle de bains, vous vous regardez dans les yeux et, avec un sourire plein d’amour, vous vous dites « Untel, je t’aime », le Untel étant remplacé par votre prénom bien entendu. Pour bon nombre de personnes, il n’est pas facile de soutenir son propre regard ; vous aurez peut-être besoin de quelques jours pour vous apprivoiser … .
- 5.La dernière étape consiste à vous dire vos compliments à haute voix en vous regardant dans la glace et en vous souriant.
Le cahier du Beau
Pour que cette pratique fonctionne sur le long terme, elle nécessite d’être répétée autant de temps que nécessaire. Cette durée dépend de votre point de départ : plus l’image de vous-même a été abîmée, plus longtemps il est souhaitable de pratiquer cet exercice pour que les bases de l’amour de vous soient solides.
Dans ce cahier, vous notez chaque jour une chose que vous avez faite ou dite et dont vous êtes satisfait(e) et une chose que vous appréciez faite ou dite par quelqu’un d’autre. Cela n’a pas besoin d’être de grandes choses. Il peut s’agir d’un enfant que vous avez aidé à faire ses devoirs, d’un sourire que vous avez fait à une personne de mauvaise humeur, … . En effectuant ce retour sur votre journée, vous apprenez à mettre l’accent sur ce qui est bien, ce qui va, plutôt que sur ce qui ne va pas. Les jours où vous avez du mal à vous aimer, relisez votre cahier et vous irez mieux.
Le cahier de Compliments et le cahier du Beau contribuent à la fois à développer l’amour de soi et à reconstruire une estime de soi abîmée par l’enfance et/ou par les expériences de la vie.
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« …La vie étant parfaite au-delà des apparences, nous ne cessons d’attirer à nous les personnes et les situations qui vont réactiver les émotions à l’origine de la blessure ; et ce jusqu’à ce que nous nous en occupions. »
Et tu donnes là de belles clés pour s’occuper de nos émotions. Certaines sont véritablement handicapantes en société (je pense à la honte, le stress, la timidité, la peur paralysante). Lire cet article m’encourage à persévérer avec espoir pour accueillir, aimer et transformer ce genre d’émotions qui semblent souvent s’emparer de mon corps en me laissant totalement impuissant.
Aimer ce dont on a peur, c’est la clé pour avancer !